(Actualisé avec détails)
L'inflation britannique ainsi que les emprunts de l'Etat ont augmenté plus que prévu le mois dernier, des données qui plaident en faveur de mesures visant à soutenir les ménages dans le cadre du premier budget du ministre des Finances John Healey, attendu la semaine prochaine.
Ces indicateurs renforcent également les anticipations d'une hausse des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre (BoE) le mois prochain.
Les prix à la consommation ont progressé en volume de 3,5% le mois dernier, après +3,1% en août, a annoncé mercredi l’Office for National Statistics (ONS), l’envolée des prix de l’énergie provoquée par la guerre avec l’Iran s’étant accélérée.
Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une hausse de 3,4% sur les douze mois à septembre. La BoE avait prévu une hausse moins marquée, à 3,0%, dans ses prévisions publiées en juillet.
La hausse du mois dernier, qui, selon l’ONS, s’explique par la hausse des prix de l’essence et du diesel, porte l'inflation à son plus haut niveau depuis octobre 2025.
Le gouvernement se base habituellement sur le taux d'inflation du mois de septembre pour fixer les augmentations des prestations sociales.
D'autres donnes publiées ce mercredi ont montré que la dette publique avait dépassé les 3.000 milliards de livres sterling (3.578 milliards d'euros), alimentée par la hausse des coûts de la dette liée à l'inflation.
John Healey devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien aux ménages les plus touchés par la flambée des prix de l’énergie. Sa marge de manœuvre reste toutefois limitée par les règles budgétaires de l'Etat.
"La hausse de l'inflation et les niveaux records de la dette illustrent le double dilemme auquel est confronté le ministre des Finances: comment alléger la pression du coût de la vie qui pèse sur les familles tout en contenant les emprunts publics", a déclaré Greg Thwaites, chef économiste par intérim de la Resolution Foundation.
Pour Ruth Gregory, économiste en chef adjointe chez Capital Economics, la progression des emprunts au-delà des prévisions ces derniers mois "renforce notre conviction que le ministre des Finances présentera le 28 octobre un budget prudent, qui aura un impact net limité sur l’économie et laissera les choix budgétaires les plus difficiles pour l’année prochaine".
ACCÉLÉRATION DES PRESSIONS SOUS-JACENTES SUR LES PRIX
Le Royaume-Uni dépend fortement des importations de gaz naturel et la BoE surveille la manière dont le choc énergétique se répercute sur l’ensemble de l’économie.
L’inflation des services a bondi à 3,7%, contre 3,4% en août, dépassant légèrement les 3,6% attendus par les économistes.
L'inflation dite de base, quant à elle, ressort à 2,8% sur une base annuelle et à 0,2% sur une base mensuelle, après respectivement 2,6% et 0,3% et des consensus à +2,7% et +0,2%.
"Avec une inflation qui se rapproche de 4%, il devient plus difficile de simplement faire abstraction du choc", a déclaré Adam Deasy, économiste chez PwC UK.
"Plus l’inflation reste élevée longtemps et à un niveau important, plus le risque qu’elle commence à influencer les comportements en matière de fixation des salaires et des prix augmente, et plus il devient risqué de continuer à attendre des signes définitifs de ces effets de "deuxième tour"."
LA BOE EN VOIE DE RELEVER SES TAUX
Les chiffres publiés mardi ont révélé une accélération de la croissance des salaires, renforçant les arguments en faveur d’une première hausse des taux d’intérêt de la BoE depuis plus de trois ans.
Le gouverneur Andrew Bailey et d’autres responsables estiment que la probabilité d’un relèvement augmente tant que les prix de l’énergie restent élevés, même si les effets inflationnistes du choc demeurent jusqu’à présent limités.
Megan Greene, favorable à une hausse des taux, a toutefois déclaré mardi que les risques d’une accélération de l’inflation globale étaient plus importants que prévu.
Les investisseurs et de nombreux analystes s’attendent à ce que la BoE relève son taux directeur à 4% le 5 novembre.
D’autres données de l’ONS signalent également des pressions inflationnistes à venir. Les prix à la production ont augmenté de 4,6% sur un an en septembre, leur plus forte progression depuis avril 2023, contre 3,8% en août.
Les coûts des intrants des industriels ont progressé de 8,3% après une hausse de 6,7% en août, dépassant les 7,2% attendus par les économistes interrogés par Reuters.
(Rédigé par Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin et Benoit Van Overstraeten)

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